De l'apprenti à l'expert : les parcours de ceux qui font ETS Gueriel
Derrière chaque pièce usinée chez ETS Gueriel, il y a un visage, une histoire, un parcours. CAP en poche à 18 ans, reconversion à 40 ans, ou passion transmise par un père : les chemins qui mènent à l'atelier sont aussi variés que les profils qui le composent. Tour d'horizon de ces hommes et femmes qui font vivre l'entreprise au quotidien.
Le jeune apprenti : apprendre en faisant
Kévin a 19 ans et prépare son Bac Pro Technicien d'usinage en alternance. Trois semaines en entreprise, une semaine au lycée professionnel — c'est le rythme qu'il a choisi pour entrer dans le métier par la grande porte. « Au lycée, on apprend les bases. Ici, on apprend la réalité », dit-il en souriant. Régler une machine pour la première fois, lire un plan industriel, comprendre pourquoi un outil use plus vite sur l'inox que sur l'aluminium : chaque semaine apporte son lot de découvertes concrètes.
Ce que Kévin apprécie particulièrement ? La patience des anciens. « Personne ne me fait sentir que je suis un boulet. Quand je fais une erreur, on m'explique pourquoi, et on repart ensemble. » Cette transmission bienveillante est au cœur de la culture d'ETS Gueriel — on ne jette pas les gens dans le grand bain, on les accompagne.
L'opérateur expérimenté : la précision dans les mains
Michel travaille à l'atelier depuis dix-sept ans. À l'entendre parler de ses machines, on comprend que la relation va bien au-delà d'un simple outil de travail. « Une machine, ça parle. Quand le bruit change, quand la vibration n'est pas la même, je sais qu'il y a quelque chose. Avant même que l'alarme sonne. » Ce genre de savoir-faire ne s'apprend pas dans un manuel — il se construit, minutieusement, à coups de milliers d'heures passées à l'écoute des machines et de la matière.
Michel est de ceux qui rendent une PME solide : fiable, discret, exigeant envers lui-même. Sa fierté ? Les pièces qu'il produit pour un client dans l'aéronautique, dont il ne connaît pas l'usage précis mais dont il sait qu'elles doivent être parfaites. « Si j'ai raté quelque chose, ça peut partir loin. Alors je ne rate pas. »
Le reconverti : changer de cap, trouver sa voie
Sandra avait travaillé dix ans dans la grande distribution avant de décider de tout changer. « Je cherchais un métier où je fabriquais quelque chose de réel, de concret. Pas gérer des linéaires, mais produire. » Une formation accélérée de six mois à l'AFPI d'Amiens, un stage chez ETS Gueriel, et une embauche qui a suivi naturellement.
Aujourd'hui contrôleuse qualité, elle applique à l'usinage la rigueur et le sens du détail qu'elle a toujours eus. « Les gens pensent que l'industrie, c'est réservé aux hommes, ou aux gens qui ont fait ça depuis tout petits. C'est faux. Ce qui compte, c'est la minutie et l'envie d'apprendre. » Son profil atypique est aujourd'hui une richesse pour l'équipe.


